Congo-Kinshasa: Changement climatique : le lac Tchad menacé de disparition
Le Potentiel (Kinshasa)
16 Mai 2006Publié sur le web le 16 Mai 2006 Kinshasa
Depuis plus de trente ans que dure la sécheresse au Sahel, la disparition du lac Tchad est régulièrement annoncée par les médias. Le lac a effectivement diminué de manière spectaculaire, passant d'un état de grand à petit lac en quelques années. De telles fluctuations rapides sont déjà survenues au cours des derniers siècles et sont liées à la forte variabilité climatique de l'Afrique tropicale.
En un peu plus de trente ans, le lac Tchad se réduit comme peau de chagrin. En 1964, il couvrait une superficie de 25.000 kilomètres carrés. Aujourd'hui sa surface représente environ 5.000 kilomètres carrés. Les 4/5 de cette réserve en eau, l'une des rares que possède l'Afrique de l'Ouest, se sont évaporés dans la nature. L'eau du lac Tchad s'est évaporée en raison de conditions climatiques très dures, notamment pendant les périodes de sécheresse de 1972-1973 et 1982-1984. Le climat actuel contribue toujours à l'assèchement du cours d'eau puisque les précipitations dans cette région au sud du Sahara sont, elles aussi, en forte diminution.
Pour l'Afrique de l'Ouest dans son ensemble, les spécialistes estiment que les précipi-tations ont diminué de 15 à 20%. Ce déficit en pluie se fait également ressentir sur tous les fleuves de la région.
Selon les hydrologues, la quantité d'eau qui les alimente a baissé de 40 à 60% depuis le début des années 70, qui marque la fin des années humides. En plus du manque de précipitations, la baisse du niveau des nappes souterraines explique aussi le rétrécissement de ces cours d'eau qui, auparavant, contribuaient à entretenir le niveau du lac Tchad. Le débit des fleuves de la région diminue, et c'est pourtant deux cours d'eau, le Chari et son affluent le Logone, qui alimentent le lac Tchad. Ils lui apportent 90% de son eau.
L'autre source d'approvisionnement du lac, c'est la Komadougou Yobé, un fleuve qui prend sa source au Nigeria. Mais le débit de ce fleuve est aussi faible car il alimente deux barrages. Les changements climatiques sont donc en partie responsables de l'as-sèchement du lac Tchad. Mais il y a éga-lement l'action de l'Homme. Comme le lac rétrécit physiquement, les habitants installés à proximité transforment aussi-tôt les morceaux du rivage disponibles en cultures maraîchères. Un sol qui de tout temps a été recouvert d'eau, est riche en alluvions et se prête parfaitement à ce genre de cultures. Sans parler du voisinage immédiat du lac qui offre de l'eau nécessaire à l'arrosage.
LA RESPONSABILITE DE L'HOMME
Même sans industries gourmandes en eau, même dans une économie frugale, l'Homme a donc sa part de responsabilité dans le rétrécissement de ce lac qui fut l'un des plus grands d'Afrique. C'est surtout côté tchadien que le bord du lac s'est recouvert de cultures de fruits et légumes mais également de cultures de céréales. Cette agriculture de décrue fait vivre environ 40.000 tchadiens. Au total plus de 20 millions de personnes vivent dans les quatre pays riverains : Tchad, Cameroun, Niger et Nigeria.
Les habitants de la région ont eux aussi des besoins en eau qui augmentent. «Le rétrécissement du lac Tchad est plus qu'alarmant», a répété Pascal Yoadimnadji devant ses collègues camerounais, centrafricain, nigérien, et nigérian, réunis pour la 52è session du Conseil des ministres de la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT). Ces responsables politiques veulent « réorienter les programmes de protection de l'environnement afin de garantir une gestion rationnelle des ressources dans l'intérêt des populations». Ils sont actuellement des milliers, les nigériens qui vivent et dépendent directement du lac Tchad, en exerçant diverses activités socio-économiques, comme la pêche, l'élevage, l'agriculture, les cultures maraîchères.
Liens Pertinents
Afrique Centrale Congo-Kinshasa Océans et Rivières Climat
La question que tout le monde se pose alors est celle de l'avenir de ces populations riveraines du lac. Faute de pouvoir agir sur le niveau des pluies, les experts travaillent actuellement sur des projets pharaoniques qui apporteraient de l'eau vers le lac Tchad en détournant dans le Chari une partie des eaux du fleuve Oubangui en passant par certains de leurs affluents. Il faudrait alors construire une dizaine de kilomètres de canaux.
En dehors du coût, des Etats situés plus au sud comme la République démocratique du Congo, où l'Oubangui prend sa source, et la République centrafricaine, seraient sollicités pour céder une partie de leur eau. « Si rien n'est fait, le lac pourrait disparaître dans vingt ans», indique-t-on.
L'EVENEMENT/LP
16 Mai 2006Publié sur le web le 16 Mai 2006 Kinshasa
Depuis plus de trente ans que dure la sécheresse au Sahel, la disparition du lac Tchad est régulièrement annoncée par les médias. Le lac a effectivement diminué de manière spectaculaire, passant d'un état de grand à petit lac en quelques années. De telles fluctuations rapides sont déjà survenues au cours des derniers siècles et sont liées à la forte variabilité climatique de l'Afrique tropicale.
En un peu plus de trente ans, le lac Tchad se réduit comme peau de chagrin. En 1964, il couvrait une superficie de 25.000 kilomètres carrés. Aujourd'hui sa surface représente environ 5.000 kilomètres carrés. Les 4/5 de cette réserve en eau, l'une des rares que possède l'Afrique de l'Ouest, se sont évaporés dans la nature. L'eau du lac Tchad s'est évaporée en raison de conditions climatiques très dures, notamment pendant les périodes de sécheresse de 1972-1973 et 1982-1984. Le climat actuel contribue toujours à l'assèchement du cours d'eau puisque les précipitations dans cette région au sud du Sahara sont, elles aussi, en forte diminution.
Pour l'Afrique de l'Ouest dans son ensemble, les spécialistes estiment que les précipi-tations ont diminué de 15 à 20%. Ce déficit en pluie se fait également ressentir sur tous les fleuves de la région.
Selon les hydrologues, la quantité d'eau qui les alimente a baissé de 40 à 60% depuis le début des années 70, qui marque la fin des années humides. En plus du manque de précipitations, la baisse du niveau des nappes souterraines explique aussi le rétrécissement de ces cours d'eau qui, auparavant, contribuaient à entretenir le niveau du lac Tchad. Le débit des fleuves de la région diminue, et c'est pourtant deux cours d'eau, le Chari et son affluent le Logone, qui alimentent le lac Tchad. Ils lui apportent 90% de son eau.
L'autre source d'approvisionnement du lac, c'est la Komadougou Yobé, un fleuve qui prend sa source au Nigeria. Mais le débit de ce fleuve est aussi faible car il alimente deux barrages. Les changements climatiques sont donc en partie responsables de l'as-sèchement du lac Tchad. Mais il y a éga-lement l'action de l'Homme. Comme le lac rétrécit physiquement, les habitants installés à proximité transforment aussi-tôt les morceaux du rivage disponibles en cultures maraîchères. Un sol qui de tout temps a été recouvert d'eau, est riche en alluvions et se prête parfaitement à ce genre de cultures. Sans parler du voisinage immédiat du lac qui offre de l'eau nécessaire à l'arrosage.
LA RESPONSABILITE DE L'HOMME
Même sans industries gourmandes en eau, même dans une économie frugale, l'Homme a donc sa part de responsabilité dans le rétrécissement de ce lac qui fut l'un des plus grands d'Afrique. C'est surtout côté tchadien que le bord du lac s'est recouvert de cultures de fruits et légumes mais également de cultures de céréales. Cette agriculture de décrue fait vivre environ 40.000 tchadiens. Au total plus de 20 millions de personnes vivent dans les quatre pays riverains : Tchad, Cameroun, Niger et Nigeria.
Les habitants de la région ont eux aussi des besoins en eau qui augmentent. «Le rétrécissement du lac Tchad est plus qu'alarmant», a répété Pascal Yoadimnadji devant ses collègues camerounais, centrafricain, nigérien, et nigérian, réunis pour la 52è session du Conseil des ministres de la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT). Ces responsables politiques veulent « réorienter les programmes de protection de l'environnement afin de garantir une gestion rationnelle des ressources dans l'intérêt des populations». Ils sont actuellement des milliers, les nigériens qui vivent et dépendent directement du lac Tchad, en exerçant diverses activités socio-économiques, comme la pêche, l'élevage, l'agriculture, les cultures maraîchères.
Liens Pertinents
Afrique Centrale Congo-Kinshasa Océans et Rivières Climat
La question que tout le monde se pose alors est celle de l'avenir de ces populations riveraines du lac. Faute de pouvoir agir sur le niveau des pluies, les experts travaillent actuellement sur des projets pharaoniques qui apporteraient de l'eau vers le lac Tchad en détournant dans le Chari une partie des eaux du fleuve Oubangui en passant par certains de leurs affluents. Il faudrait alors construire une dizaine de kilomètres de canaux.
En dehors du coût, des Etats situés plus au sud comme la République démocratique du Congo, où l'Oubangui prend sa source, et la République centrafricaine, seraient sollicités pour céder une partie de leur eau. « Si rien n'est fait, le lac pourrait disparaître dans vingt ans», indique-t-on.
L'EVENEMENT/LP
















