Moncton attend toujours l'approbation du ministère de l'Environnement
Le lixiviat
La municipalité de Moncton, au Nouveau-Brunswick, doit mettre en oeuvre un plan de redressement de son ancien dépotoir qui pollue la rivière Petitcodiac, mais ce plan attend depuis plus de deux ans l'approbation du ministère de l'Environnement.En 1993, la ville de Moncton a fermé son dépotoir qui longeait la rivière. Elle a choisi l'option la plus économique, c'est-à-dire recouvrir le dépotoir de tourbe. Les Sentinelles de la Petitcodiac, un groupe de défenseurs de l'environnement, ont découvert en 2000 que du lixiviat, un liquide toxique, s'écoule de l'ancien dépotoir dans le ruisseau Jonathan, qui se jette dans la rivière. Le groupe a porté plainte.La Ville de Moncton et la firme d'experts-conseils Gemtec ont été poursuivies en justice et reconnues coupables d'avoir enfreint la loi en permettant à ce liquide de polluer un cours d'eau.La cour a ordonné à la municipalité de régler le problème d'écoulement. La ville tarde à agir, car elle attend une approbation du ministère de l'Environnement.« La Ville a reçu l'ordre de la cour de régler le problème, alors ça, il n'y pas de questions. Ce n'est plus une question politique, c'est une question légale aujourd'hui. Ça fait deux ans et demi que ça tarde », a lancé Daniel LeBlanc, directeur général des Sentinelles Petitcodiac.Entre-temps, l'écoulement du lixiviat se poursuit. « Chaque jour, il y a des centaines de litres, si ce ne sont pas des milliers de litres, qui se déversent directement dans les ruisseaux », a affirmé M. LeBlanc en ajoutant du même souffle que la province n'a qu'à accorder un permis à la municipalité pour régler le problème.Un porte-parole du ministère de l'Environnement a précisé qu'il fallait attendre les résultats d'une étude d'impact environnemental sur la rivière Petitcodiac avant d'agir.La ville de Moncton affirme tout de même avoir entrepris quelques travaux. « Cet hiver, on a complété les études géotechniques sur le site. Présentement, on est en train d'utiliser ces données pour faire le design final pour répondre aux questions de la province », a indiqué Richard Landry, commissaire des travaux publics.
Daniel LeBlanc
Les Sentinelles Petitcodiac tentent par tous les moyens de faire bouger les choses pour que cesse l'écoulement de lixiviat.« On a demandé de l'avis légal pour voir comment ce dossier peut-être accéléré, mais vraiment, on ne connaît aucun précédent qu'une ordonnance de la cour a été donnée et qu'une province refuse de donner un permis pour que le projet aille de l'avant », a déclaré Daniel LeBlanc.Le ministère de l'Environnement dit avoir enfin les résultats de l'étude sur la rivière Petitcodiac. Peut-être que la ville de Moncton pourra bientôt passer à l'action. 
















