La Banque mondiale veut promouvoir l'énergie propre dans les pays pauvres
WASHINGTON (AFP) - La Banque mondiale a détaillé dimanche un nouveau programme pour encourager l'utilisation d'énergies propres dans les pays en développement, en clôture des assemblées de printemps des institutions financières internationales à Washington."Les besoins en énergie sont énormes quand on sait que 2,4 milliards de personnes continuent d'utiliser des carburants traditionnels comme le bois ou les excréments séchés d'animaux, et que 1,6 milliard n'ont toujours pas accès à l'électricité" dans les pays en développement, a rappelé le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz.
Le projet proposé dimanche devant le comité de développement, son instance dirigeante, est appelé "cadre d'investissement pour l'énergie propre et le développement". Il vise à favoriser l'accès à des sources d'énergie propre dans un but de "protection de l'environnement" et de poursuite de la lutte contre la pauvreté, selon M. Wolfowitz.
A l'heure où les cours du pétrole sont atteint d'un nouvel accès de fièvre qui les a poussés à plus de 75 dollars le baril à New York, les pays riches recherchent les moyens d'aider à la fois les pays pauvres à y faire face, tout en mettant au point des mesures pour freiner le réchauffement climatique.
Plusieurs nouvelles pistes de financements sont proposées dans le projet, sans chiffres toutefois. Il y est question notamment de financements combinés public/privé ou encore de l'utilisation des quotas de dyoxide de carbone, un mécanisme de ventes de droits d'émission de CO2 mis en place par le protocole de Kyoto sur le changement climatique.
Le ministre britannique des finances, Gordon Brown, avait dès mars proposé de créer un fonds de 20 milliards de dollars sur quatre ans dans lequel la Banque mondiale pourrait puiser pour financer des projets d'énergie alternatives dans les pays pauvres.
"Les générations futures nous jugeront sur l'action que nous aurons prise pour répondre aux défis du changement climatique", a averti M. Brown devant l'instance dirigeante de la Banque mondiale.
Cependant, quelques critiques ont déjà émergé. Le président du comité de développement, le ministre des finances de Colombie, Alberto Carrasquilla, s'est fait l'écho de ministres, sans les nommer, "qui ont estimé que le texte était biaisé car il ne visait que la promotion de sources alternatives d'énergie, certaines n'étant même pas encore commercialement viables, alors qu'il néglige l'objectif bien plus important de rendre plus propres et plus efficaces les sources d'énergie traditionnelles".
La ministre néérlandaise du développement, Agnes van Ardenne, a critiqué le fait que le projet s'adresse surtout aux pays à revenus moyens où il y a un marché potentiel pour le développement des énergies propres. Elle préférerait une initiative "énergie pour tous", pour s'assurer qu'on s'occupera aussi des millions de gens n'ayant aucun accès à l'énergie pour l'instant, dont 500 millions pour la seule Afrique sub-saharienne.
Sa collègue allemande, Heidemarie Wieczorek-Zeul, de son côté a proposé la création d'un Fonds auprès de la Banque africaine de développement auquel contribueraient les producteurs de pétrole et dont l'argent serait ensuite utilisé pour la promotion d'énergies renouvelables dans les pays africains.
Quant au ministre français de l'économie et des finances, Thierry Breton, il a opté pour l'utilisation des facilités de financement déjà existantes au sein de la Banque mondiale plutôt que de lancer un nouveau Fonds. AFP
















