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29 avril 2006

Le Premier ministre japonais Koizumi en Afrique pour contrer l'influence de la Chine


Le Premier ministre japonais Junichiro
Koizumi le 25 avril 2006 à Tokyo
© AFP/Pool/Arch. Everett Kennedy Brown.
TOKYO (AFP) - samedi 29 avril 2006 - 9h33 - Le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi a quitté samedi Tokyo pour une tournée en Afrique, un continent au coeur des préoccupations diplomatiques du Japon qui cherche à contrer l'influence croissante de la Chine et à renforcer son rôle sur la scène internationale.
M. Koizumi se rend en Ethiopie, puis au Ghana, pour la première visite d'un Premier ministre nippon dans ces pays, avant de faire escale en Suède sur le chemin du retour.
"La stabilité en Afrique pèse de façon significative sur la paix internationale et le développement. Même si la région est très loin du Japon, je veux discuter de stratégies pour offrir une assistance supplémentaire afin qu'ils (les pays africains) puissent subvenir à leurs besoins", a déclaré M. Koizumi avant de prendre l'avion.
A Addis Abeba, siège de l'Union africaine (UA), M. Koizumi rencontrera des dirigeants de la région pour discuter de la lutte contre la pauvreté.

Depuis 1993, le Japon anime la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD), qui est devenue le principal cadre d'échanges entre le continent noir et l'Asie afin de favoriser l'essor de l'Afrique.
Tokyo ne saurait ignorer le poids de l'Afrique dans le cadre de sa campagne pour obtenir un siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l'Onu, priorité de sa diplomatie.
Le Japon, deuxième pays donateur mondial après les Etats-Unis, s'est d'ailleurs engagé, lors du dernier sommet du G8 à Gleneagles (Ecosse), à tripler son aide financière à l'Afrique d'ici la fin 2008.

Et lors du dernier sommet de la TICAD à Tokyo en 2003, les Japonais avaient promis de verser un milliard de dollars d'aide à l'Afrique en cinq ans.
Toutefois, Tokyo n'a pas encore réussi à convaincre l'Union africaine (UA) d'appuyer son projet de réforme des Nations unies qui se heurte à la vive hostilité de Pékin.
Les 53 pays de l'UA ont refusé d'abandonner leur demande de deux sièges permanents avec droit de veto au sein d'un Conseil de sécurité élargi, alors que Tokyo militait pour que les nouveaux membres permanents n'aient pas un droit de veto.
En outre, la Chine, grande rivale asiatique du Japon, a lancé une offensive de charme majeure en Afrique en raison principalement de ses énormes besoins énergétiques, en particulier en pétrole.
Le président chinois Hu Jintao vient de visiter le Maroc, le Nigeria --où il a signé un accord touchant au secteur pétrolier-- et le Kenya.

La dernière visite de M. Koizumi en Afrique remonte à septembre 2002 pour le au sommet mondial sur le développement durable à Johannesburg (Afrique du Sud).
Le seul autre chef de gouvernement japonais à avoir mis le pied en Afrique est le prédécesseur de M. Koizumi, Yoshiro Mori, qui avait visité le Kenya, le Nigeria et l'Afrique du Sud en 2001.