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28 avril 2006

Environnement a MADAGASCAR

L'EXPRESS DE MADAGASCAR

Les paysans préservent le corridor forestier Anjozorobe-Angavo Mamy Nirina Razafindrakoto montre l' “ampanga”, une des plantes endémiques du corridor forestier Anjozorobe-Angavo.La nature est un bien précieux. Partant de ce constat, les paysans résidant aux alentours du corridor forestier Anjozorobe-Angavo, notamment ceux du village d'Antsahabe, s'activent à la préservation de la forêt et des espèces animales et végétales recensés. C'est dans cette optique qu'ils ont mis en place depuis 2000 le comité pour la préservation de la forêt et de la nature ou Kasti. “Nous sommes décidés à aller jusqu'au bout pour sauvegarder ce qui reste du couloir forestier d'Anjozorobe se dégradant d'une manière significative depuis 1959, à la suite d'actions humaines comme la culture sur brûlis, les feux de brousse, la déforestation...”, fait savoir Randriamboavonjy, président du Kasti. Pour ce faire, les membres du Kasti entreprennent des actions de contrôle et de surveillance de la forêt. “En moyenne, nous y faisons une descente deux fois par semaine et nous établissons un rapport tous les quatre mois à l'ONG Fanamby, laquelle se charge de sa gestion”, explique Rasoafara. De son côté, Rakotondramanana, vice-président du fokontany d'Antsahabe Atsinanana affirme: “Les habitants du fokontany se mobilisent pour protéger la forêt qui constitue une de nos richesses. De plus de là provient l'eau qui alimente le village, nous épargnant de la sécheresse”.
Nouvelle aire protégée.Géré par l'ONG Fanamby, le couloir forestier Anjozorobe-Angavo est une des nouvelles aires protégées (Nap) ayant reçu le statut de protection temporaire en 2005. “La proclamation du statut définitif est attendue au mois d'octobre”, confie un responsable de l'ONG précitée. En attendant, l'accent est mis sur la création d'un système de gestion durable du couloir, regroupant les membres du fokontany, de l'Organisation publique de coopération intercommunale (OPCI) et du comité du territoire. L'élaboration de plans d'aménagement et de gestion basés sur les unités au niveau des fokontany, la campagne d'information et de communication sur l'arrêté de protection temporaire sont autant d'actions envisagées pour la préservation du corridor, en attendant le statut définitif de Nouvelle aire protégée (Nap). En parallèle, l'aménagement du circuit et de la route qui y mène battent leur plein. “L'objectif consiste à promouvoir le tourisme à gestion communautaire”, estime Arison Vonjy, directeur régional du couloir forestier Anjozorobe-Angavo. De leur côté, les membres du Kasti en synergie avec l'ONG Fanamby se relayent pour la construction d'un village des Kasti au coeur de la forêt.
52 200 hectares.S'étendant sur une superficie de 52 200 ha, le corridor forestier d'Anjozorobe est une zone limitrophe des provinces d'Antananarivo et de Toamasina. Il se trouve entre les régions Analamanga et Alaotra Mangoro.Le corridor touche trois districts, à savoir Manjakandriana, Anjozorobe et Moramanga, 13 communes rurales et 39 fokontany. “Avec ses 28 600 ha de forêts naturelles et ses forêts secondaires, il est considéré comme une relique de forêts naturelles des Hautes terres centrales”, note Mamy Nirina Razafindrakoto, responsable du corridor forestier Anjororobe-Angavo.Riche en biodiversité, le couloir compte plus de 550 espèces de plantes, plus de 70 espèces d'orchidées, 51 d'amphibiens, 41 dereptiles, 74 d'oiseaux, 10 de rongeurs, neuf de primates dont l'indri-indri de couleur noire, et 16 types d'insectivores...
“Parmi les plantes endémiques à cette forêt figurent le “voapaka”, un fortifiant résolvant les troubles sexuels, le “tongotsokina” guérissant l'asthme après un traitement pendant 17 ans, l'“arongana” indiquant que quelqu'un est passé par la forêt, l'“ampanga” démontrant l'endémicité de la forêt, ou encore le “rondro”, une plante utilisée en tant que savon ou shampoing éliminant les pellicules…” , explique l'ingénieur agroforestier Mamy Nirina Razafindrakoto. Henintsoa Andriamiarisoa