Cameroun: Dégazage : L'environnement de Monoun sécurisé
Le Quotidien Mutations (Yaoundé) 25 Avril 2006Publié sur le web le 26 Avril 2006
Michel Ferdinand
Deux colonnes de dégazage viennent d'être montées sur le lac.
Les projections de l'Institut de recherches géologiques et minières (Irgm) du Cameroun, sont assez claires : d'ici à 2008, il n'y aura plus dans le lac Monoun, l'accumulation de gaz carbonique qui avait causé une explosion mortelle en 1984. Cette opération sera possible grâce aux deux colonnes de dégazage qui, viennent d'être montées sur cette étendue d'eau. Ces révélations ont été faites le 18 avril 2006 à Monoun, localité situé non loin, de Foumbot.
L'installation des deux colonnes financée par la France à hauteur de 164 millions de Fcfa a été réalisée par la société française Data Environnement, sous la supervision du directeur de l'Institut camerounais de recherche géologique et minière (Irgm), Joseph Victor Hell. Selon ce dernier ces équipements permettront de purger les 10 millions de m3 de gaz carbonique (Co2) contenus dans le lac. En 2003 déjà, l'installation d'une colonne similaire avait permis d'extraire 7millions de m3 de gaz carbonique.
Au-delà de ces investissements, l'histoire du lac Monoun reste encore triste dans les esprits. 22 ans après, les populations se souviennent encore de ce 15 août où le lac a projeté une forte quantité de gaz carbonique dans la nature, provoquant le décès, par étouffement, de 37 personnes, dont l'abbé Kwayep à l'époque principal du collège Saint Thomas à Bafoussam. L'homme de Dieu allait dans l'une de ses plantations, en compagnie de quelques uns de ses élèves qui ont, eux aussi, succombé. Parmi les victimes, on comptait également des paysans, riverains du lac Monoun. Des gens qui sont morts en aspirant le Co2. Des animaux ne pouvaient non plus résister à la bourrasque. Peu après l'émanation du gaz carbonique, le village Njindou, qui abrite ledit lac, était désert. Parce que les populations l'ont abandonné, avec les bétails, pour s'installer ailleurs. Monoun était devenu une zone à haut risque. Une zone était invivable. Plus tard des scientifiques sont descendus dans la zone po ur se rendre compte qu'il s'agissait d'un gaz mortel. Raison pour laquelle le gouvernement camerounais décide de purger le lac Monoun de "son mauvais contenu".
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Fertilité
Il y avait donc un choix à faire : d'implanter une seule colonne de dégazage dans un lac qui mesure 100 mètres de profondeur, ou les multiplier afin de le désintoxiquer totalement. Les scientifiques ont pensé qu'en rejetant une énorme quantité de Co2 dans la nature avec une colonne de dégazage, on courait le risque de perdre d'autres vies humaines. C'est pourquoi ils ont décidé d'en fixer deux autres à Monoun pour limiter les dégâts. Ce qui a été fait le 18 avril dernier, dans un village où la vie a repris depuis quelque temps. " J'avais abandonné mes plantations. J'y suis revenu depuis 2003 avec beaucoup d'autres planteurs. Nous avons été rassurés par les experts, que nos vies n'étaient plus en danger ", déclare Abdou Fouapon, cultivateur dans la périphérie du lac. Tout autour du lac Monoun, des tiges de maïs et autres fibres de tubercules montent comme si rien ne s'était passé auparavant, sur un sol volcanique connu pour sa fertilité.
Le matériel installé actuellement dans le lac Monoun pourra rejeter dans et autour du lac, de faibles quantités de Co2, ne pouvant pas nuire à la santé humaine. L'environnement ne sera guère affecté : " L'ensemble des colonnes est connecté à une station de surveillance qui permet de détecter toutes les anomalies éventuelles. Par ailleurs, en l'espace de 2 ans, avec les trois colonnes de dégazage que nous venons d'implanter, nous aurons suffisamment extirpé du fond de ce lac les quantités de gaz nécessaires pour permettre au fonctionnement normal de la région, c'est-à-dire à la sécurisation de cet environnement", a rassuré le directeur général de l'Irgm, Joseph Victor Hell.

















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