PROTOCOLE DE KYOTO: Ottawa accusé d'hypocrisie
Hugo de Grandpré
La Presse
Les groupes environnementalistes canadiens et les partis d'opposition ont vivement dénoncé hier le gouvernement fédéral, l'accusant de tenir un double discours dans le dossier du protocole de Kyoto.La Presse a annoncé hier qu'un document interne du parti destiné à sa délégation à Bonn démontre que le Canada souhaite l'abandon du protocole de Kyoto après 2012.On y recommande aussi de faire piétiner les négociations sur la suite à donner à l'entente pour au moins deux ans.
La Presse
Les groupes environnementalistes canadiens et les partis d'opposition ont vivement dénoncé hier le gouvernement fédéral, l'accusant de tenir un double discours dans le dossier du protocole de Kyoto.La Presse a annoncé hier qu'un document interne du parti destiné à sa délégation à Bonn démontre que le Canada souhaite l'abandon du protocole de Kyoto après 2012.On y recommande aussi de faire piétiner les négociations sur la suite à donner à l'entente pour au moins deux ans.
« Nous sommes en colère, a dit Jack Layton, chef du Nouveau Parti démocratique. Il y a eu un vote à la Chambre des communes, une majorité des députés ont voté clairement pour Kyoto, et la population canadienne est clairement en faveur de Kyoto. »« M. Harper, avec seulement 36,5 % du vote, n'a pas le droit d'agir en saboteur des négociations. »C'est la ministre de l'Environnement, Rona Ambrose, qui dirige actuellement la conférence sur les changement climatiques en Allemagne. Cette conférence sert à définir les bases de la collaboration internationale pour 2012, date à laquelle le protocole arrive à son terme.Or, selon le document, le gouvernement préférerait remplacer le protocole par la convention de Rio, beaucoup moins contraignante. Il bloquera aussi toute tentative visant à lui imposer un objectif ambitieux de réduction d'émissions après cette date.« Il y a un large consensus international aujourd'hui parmi les scientifiques et les gouvernements qu'il faut se mettre de toute urgence sur la voie de la réduction des gaz à effet de serre », a déploré Matthew Bramley, de l'Institut Pembina.« On peut maintenant dire qu'en matière de changements climatiques, à cause du nouveau gouvernement, le Canada est devenu un pays extrémiste. »Par voie de communiqué, d'autres groupes environnementaux canadiens ont demandé au gouvernement « de rendre immédiatement publiques toutes les instructions et les notes de breffage transmises aux diplomates canadiens dans le cadre de ces négociations ».« Ce gouvernement doit faire preuve d'honnêteté et de transparence. Est-ce que nos diplomates ont reçu le mandat d'empêcher les autres pays d'en arriver à une nouvelle entente dans le protocole de Kyoto? Est-ce que Stephen Harper agit sous les ordres de la Maison-Blanche et du président Bush? Si c'est le cas, il s'agit d'un extraordinaire bris de confiance à l'endroit des Canadiens et de nos partenaires internationaux », a déclaré Dale Marshall, de la Fondation David Suzuki.Les libéraux sont également outrés par le comportement du gouvernement. Ils demandent à la ministre de l'Environnement, Rona Ambrose, de rappeler la délégation canadienne de Bonn en raison de ses efforts délibérés visant à miner le protocole de Kyoto.« En plus d'être scandaleuse, il s'agit d'une duplicité dangereuse. Les actions de Mme Ambrose risquent de ternir irrémédiablement la réputation du Canada aux Nations unies et compromettront tous les progrès éventuels de la Conférence des parties », a souligné le porte-parole libéral en matière d'environnement, Scott Brison. Bernard Bigras, porte-parole du Bloc québécois en matière d'environnement et député de Rosemont-Petite-Patrie, qualifie les intentions du gouvernement conservateur de provocation. Il promet de harceler le gouvernement Harper pour qu'il revienne sur sa position en matière d'environnement. Selon lui, le gouvernement doit respecter les parlementaires à la Chambre des communes qui, en majorité, souhaitent que le Canada continue de lutter contre les changements climatiques dans le cadre du protocole de Kyoto. Le député de Rosemont-Petite-Patrie a promis que le gouvernement Harper payerait le prix politique s'il n'applique pas les objectifs du protocole.Selon Jack Layton, des actions pourraient être envisagées en Chambre pour faire obstacle au gouvernement dans ses intentions. « Pour l'instant, nous n'avons rien discuté de concret », a-t-il dit.-
Avec la Presse Canadienne

















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